NOTA BENE
J’ai l’habitude de noter de petites pensées sur des morceaux de papier colorés, découpés de manière irrégulière, de furtifs rappels adressés à moi-même.
Ces fragments, aux teintes de vert, bleu, orange ou violet, se glissent entre les pages des livres, s’éparpillent sur la table de la cuisine ou s’accrochent au mur, tels de discrets témoins de la mémoire. Ils ne servent pas seulement à se souvenir, mais à s’assurer que rien de précieux ne s’efface.
Chaque note, dans son hasard et sa couleur, devient une trace vive de ce qui m’est cher.
De ce rituel intime est née «Nota Bene», une série de photogrammes — des tirages chromogéniques que j’aime penser comme des «collages de lumière».
Nées dans la chambre noire, ces compositions apparaissent lentement. Dans l’obscurité totale, la lumière circule, se superpose et imprime ses récits sur la surface photosensible, couche après couche, à travers une constellation de sources lumineuses.
Ce sont des instants de mémoire et d’intention, tissés ensemble dans la pénombre de ma chambre noire.
— En cours